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PRIX DE LA NOUVELLE  "J'écris une Nouvelle pour être lu"

Suite de la Nouvelle primée de Cyril DUBREUIL "LA VOIE DE LA TERRE "

(...) 

Une rage incontrôlable s'empare de lui. Il fulmine contre les korogs et leur débilité congénitale, contre les gorgos et leur soif de sang, contre ce désert sans fin qui engloutit la moindre vie, le moindre espoir de vie. Il saisit un bâton avec lequel il fouette les buissons. Il frappe le sol à mains nues. Il arrache les plantes à feuilles coupantes, ensanglante ses mains, déverse sa douleur et sa haine du désert qui brûle les hommes, toute espérance et tout avenir. Cette terre maudite, il se fait promesse qu'il la brûlera à son tour et vengera sa soeur !

A genoux, il plonge ses deux mains dans le sable qui essaye de fuir, de se faufiler entre ses doigts... Par saccades, une main après l'autre, il fait justice, il se fait justice en jetant le désert au feu. Un cri de fureur inextinguible accompagne son désir de vengeance.

Puis de nouveau le noir, les dernières flammes du feu s'éteignent...Et sa colère aussi. C'est alors qu'il entend des petits cris aigus comme des ricanements sournois : les korogs sont de retour. Alors il doit reprendre sa fuite, file, aveuglé par la peur alors que la nuit semble sans fin. Les cris des korogs sont partout et l'obligent à accélérer son allure. Il a passé le cap de la douleur, de la fatigue. Seul l'instinct de survie contrôle et guide ses jambes. Dans cette fuite en avant, plus rien ne l'arrête.

Zyak ralentit sa course alors que les bruits des korogs se perdent dans les dunes en un bruissement à peine audible. Il reprend conscience de son corps : la chair arrachée en lambeaux, le feu qui consume ses membres et l'air brûlant dans ses poumons. Devant lui, un énorme rocher aux formes rondes et accueillantes. Il lui vient à l'esprit d'y faire une halte, la pierre a des contours érodés, un renfoncement à sa base, un abri idéal, un sanctuaire de quiétude... Haletant, il appuie une main sur la roche. Elle est lisse et douce, polie depuis des siècles par les éléments, gorgée de la chaleur du jour. Au-dessus de lui, les nuages forment un bouclier dans cette nuit d'encre. Humidité ambiante, quelques perles glacées invitent le garçon à se lover dans la cavité en position foetale. La fatigue le rattrape. Il frissonne. Il écoute le silence, à peine interrompu par le rythme lent et régulier de  quelques gouttes sur la roche. Exténué, il implore la pitié du désert et, dans un sanglot, quémande la vie de sa soeur.

Le sable glisse dans la petite tranchée et, comme un duvet, recouvre Zyak de sa tiédeur. Emmitouflé dans ce cocon offert par la nature, Zyak en détresse pleure, accompagné au dehors par les larmes du ciel.

- Réveille-toi !

Il se lève d'un bond. Sa tête heurte durement la paroi de la roche. Il se tord de douleur. Son corps en entier n'est que souffrance. Quand il ouvre les yeux, la lumière vive éblouissante le fait grimacer. Le jour s'est levé et déjà la chaleur est pesante. Au prix d'un effort colossal, il émerge de sa chrysalide de roches et de sable. Dans le matin à peine éclos, il déploie son corps endolori.

- Active-toi !

Il tourne brusquement la tête à droite. Il ne rêve pas : quelqu'un vient de lui chuchoter à l'oreille ! Une voix féminine à l'accent légèrement rocailleux, semblable à l'accent de la région de Mez-Arit !

- Ne perds pas de temps !

Zyak a le visage masqué par l'étonnement. Qu'est-ce cette voix qu'il entend aussi clairement que le crissement des herbes sèches sous ses pieds, alors qu'il est seul ? La canicule du désert rend fou, tout le monde le sait. Alors il décide de boire un peu à la gourde qu'il a su préserver au fond du sac partiellement déchiré. Mais rien n'y fait. Les chuchotements au creux de l'oreille reprennent de plus belle.

- Marche. Va au-delà des grandes dunes du nord-ouest.

Zyak sent que ses jambes, tremblantes, ne veulent plus le porter. Il tombe. Il n'arrive plus à réfléchir. Sa tête s'embrase alors qu'il aimerait ignorer cette voix mais peine perdue, la voix est bien présente, elle ordonne. Alors, l'air totalement étourdi, hagard, en perte de conscience de soi et des éléments qui l'entourent, en automate, il se relève trébuchant et se dirige vers les collines de sable.

Le jour vient de naître et l'air ambiant est déjà lourd, étouffant. Zyak marche. Un pas devant l'autre. Au sablier du temps qui s'écoule, chaque pas dans ce sable brûlant est une démarche mécanique qui le mène vers un ailleurs qu'il ne connaît pas. Subitement, devant lui, tout se trouble. A l'horizon, la terre semble se confondre avec le ciel en ébauche de paradis artificiels. Il pense : qu'ai-je fais ? Pourquoi suivre ce chemin ? Il serait plus prudent de retourner à la maison...D'attendre...Mais cette voix, toujours cette voix qui le pousse et qui désormais ne chuchote plus. Elle crie.

Alors il escalade les dunes sans même s'en rendre compte. Arrivé au sommet, sa vision dissipe toute torpeur. Du sable, des roches, des herbes éparses...Un endroit semblable à tous ceux qu'il connaît et pourtant...Ici l'air est plus doux, le vent plus léger, aux alentours un monticule de roches roses et de terre sableuse couleur ocre. L'entrée d 'une grotte naturelle que seul un oeil avisé peut apercevoir. La voix ordonne :

- Entre !

Sans réfléchir, Zyak descend le versant de la dune, perd ses appuis, tombe à plat ventre les bras écartés. Avec difficulté, il se relève et se dirige vers l'entrée de la caverne.

L'humidité ambiante apporte une fraîcheur bienfaitrice sur sa peau alors que ses yeux, progressivement, s'adaptent à la pénombre. La grotte est un long boyau semblable à ceux creusés par les hommes dans les mines. Contre toute attente, une lumière qui émane de la roche donne au lieu de la clarté. Et à mesure qu'il avance, la galerie s'élargit pour déboucher finalement sur une petite salle. C'est là qu'il les vit. Il se tapit tant bien que mal dans un coin plus obscur. Face à lui, deux korogs semblent garder l'entrée du couloir qui se prolonge derrière eux. Pourquoi n'ont-ils pas fui à mon arrivée ? pense Zyak perplexe tandis qu'un gorgos, sorti de nulle part, emprunte le même tunnel et se dirige vers les korogs qui s'écartent pour le laisser passer. Ce que Zyak voit dépasse son entendement.

Instinctivement, il décide de le suivre. Arrivé devant les deux korogs gardiens des lieux, il constate qu'on le laisse passer sans autre manière, sans aucune agression. Zyak observe que cette nouvelle portion de couloir est bien plus large que celle qu'il vient de parcourir. La luminosité est celle du jour quand le soleil s'élève au-dessus de l'horizon. S'approchant d'une salle immense, il entend les bruits d'une fourmilière au travail, il voit plusieurs dizaines de korogs agités à des occupations, aidés en cela par des gorgos dociles, comme anesthésiés. Il constate aussi, non sans émerveillement, que la paroi du fond est traversée de contractions comme un coeur battant et qu'elle émet des ondes luminescentes aux reflets multicolores qui se diffusent tout le long des parois.

- Je suis là ! dit la voix

Zyak avance. Plus aucun bruit. Les korogs sont comme figés quand il arrive au milieu d'eux, transperçant l'humain de leurs regards. A son passage ils s'écartent et laisse apparaître à même la pierre une lueur rouge incandescente, bien plus lumineuse que les autres. Deux statues imposantes de lions, tels les gardiens éternels d'un temple, encadrent ce que l'on peut qualifier d'autel à même la paroi.

- Je suis là, répéta la voix.

Cette voix, Zyak l'entend désormais de manière claire et limpide. Il la reconnaît entre mille. Son regard traduit un mélange de peur, d'étonnement, de fascination et de joie intense.

- Kybèle ?!

- Tu es arrivé.

- Mais où es-tu ? questionne-t-il en cherchant sa soeur des yeux.

- Je suis devant toi.

Sur ces mots, la lueur rouge devient plus intense, une couleur rubis.

- Tu as parcouru le chemin vers l'acceptation et le renoncement. Voilà pourquoi tu m'as trouvé.

Un millier de questions tournent dans la tête du jeune homme. Il s'autorise à marmonner, honteux, les yeux baissés : j'ai abandonné notre père...

- Tu as justement refusé le déni. Désormais, tu ne portes plus les stigmates du passé. Tu t'es affranchi des barrières que tu t'imposais.

Zyak articule péniblement entre ses dents un : mais pourquoi ?

La voix poursuit :

- Tu n'es plus celui que tu étais hier et demain s'ouvre à toi.

Dans sa tête, chaque mot résonne fort, toujours plus fort. Il ferme les yeux.

- Je suis ta soeur, je suis toi aussi...Et bien plus encore. Rejoins-moi petit frère...

Alors, en confiance, Zyak tend une main vers la roche palpitante et s'abandonne à la plénitude.


FIN


copyright 2021 Cyril DUBREUIL  - Toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, de la présente publication, faite sans autorisation de l'auteur, est illicite et constitue une contrefaçon (article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle). La présente publication sur le site CONSEILS DE LECTURE a été autorisée pour une durée déterminée par l'auteur sachant que le site conserve la liberté de cesser sa diffusion à tout instant.


L'auteur Cyril DUBREUIL écrit des Poèmes et des Nouvelles depuis de nombreuses années. 

Il est Professeur des Ecoles et vit à Béziers.

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